Nous serons tous des proches aidants et de plus, nous aurons besoin d’un proche aidant.
Les proches aidants sont le pilier invisible et caché du système de santé
Quatre-vingt-seize pour cent (96%) des personnes qui reçoivent des soins à domicile de longue durée ont un proche aidant non rémunéré. Les proches aidants contribuent 25 milliards de dollars en soins non rémunérés à notre système de santé. En prodiguant des soins à domicile, ils jouent un rôle essentiel pour alléger la pression sur le système des soins de santé.
Avec le vieillissement de la population et l’espérance de vie, le nombre de proches aidants ne diminuera pas. Selon Statistique Canada, 28 pour cent des aidants fournissent des soins à un être cher atteint de maladies liées à l’âge, comme la maladie d’Alzheimer. Le nombre de proches aidants s’occupant des personnes âgées augmentera proportionnellement à la croissance des diagnostics de maladie d’Alzheimer, qui devrait presque doubler, passant de 500 000 à plus de 912 000 en 2030.
Avez-vous considéré l’impact d’être proche-aidant sur votre carrière, sur vos employés et sur la productivité en milieu de travail et les régimes d’avantages sociaux ?
Même si les proches aidants fournissent les soins supplémentaires et soutiennent le système des soins de santé, nous ne pouvons ignorer l’impact de la prestation des soins sur les proches aidants, sur la productivité au travail ainsi que sur l’économie.
Selon Statistics Canada, en 2013, sur 8,1 millions proches aidants au Canada, 6,1 millions étaient employés et devaient concilier les exigences concurrentes du travail et de la prestation de soins. 50% des aidants naturels ont entre 45 et 65 ans, leur période de revenu maximale. Les aidants des personnes âgées atteintes de démence sont plus susceptibles de souffrir de détresse (45%) que les aidants des autres personnes âgées (26%).
Les proches aidants ont besoin d’aide aussi.
J’ai été témoin de première main les effets dévastateurs de la démence sur mon père et de l’impact des soins prodigués sur ma mère. Même si mon père était un bon patient, il avait besoin des soins 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. À un moment donné, ma mère a dû être hospitalisée. C’est à ce moment-là qu’elle a compris qu’en tant que proche aidante, elle ne pouvait pas tout faire.
Le proche aidant ne devrait pas avoir besoin de se sentir obligé d’être un héros, même s’ils le sont en réalité. Leur rôle dans la société est à la fois indispensable et inestimable.
À un moment donné, nous serons tous des proches aidants et de plus, nous aurons besoin d’un proche aidant.
Si vous connaissez quelqu’un qui prend soin d’une personne atteinte de démence, ou d’une condition de longue durée, soyez sensible, tendez la main et soyez gentil.
Le 1 au 7 novembre est la Semaine nationale des proches aidants
En savoir plus sur les activités et les ressources de la Semaine nationale des aidants naturels 2020.
Réseau des aidants naturels du Québec RANQ
Camille N. Isaacs-Morell est la directrice générale de la Société Alzheimer de Montréal.